Dans Les Déracinés, Catherine Bardon nous plonge dans un épisode méconnu de l’Histoire. Ce roman raconte le parcours d’Almah et Wilhelm, un jeune couple de Juifs viennois, dont la vie bascule avec la montée du nazisme dans les années 1930. Forcés de fuir leur pays, ils se retrouvent en République dominicaine, dans une colonie agricole créée pour accueillir des réfugiés.
Le livre s’ouvre dans le Vienne des années 1920. Almah, assistante dentaire, et Wilhelm, journaliste, mènent une vie pleine de projets et de promesses. Leur quotidien est brutalement bouleversé par l’arrivée au pouvoir des nazis. Catherine Bardon décrit avec justesse cette période sombre, notamment à travers le fléau des suicides qui frappe de nombreux Viennois, refusant de vivre sous l’oppression.
Après de nombreuses péripéties, Almah et Wilhelm trouvent refuge à Sosúa, un petit village tropical de République dominicaine. Là-bas, ils doivent tout réapprendre : cultiver la terre, s’adapter à un climat et à une culture qu’ils ne connaissent pas. Les descriptions des débuts maladroits des réfugiés, leurs échecs et leurs réussites, sont saisissantes. On suit avec émotion leurs efforts pour bâtir une nouvelle vie, apprendre une nouvelle langue et créer une communauté soudée, loin des horreurs de la guerre.
Catherine Bardon excelle dans la création de personnages attachants et réalistes. Almah est lumineuse, à la fois forte et vulnérable. Sa capacité à s’adapter face à l’adversité force l’admiration. Wilhelm, quant à lui, incarne la résilience, mais aussi le poids de la culpabilité : celui de ne pas pouvoir offrir à sa famille la vie dont il avait rêvé.
Leur relation, parfois mise à l’épreuve par les épreuves de l’exil, reste au cœur du récit. Des moments simples, comme un dîner en amoureux, des moments tendres pendant leurs voyages ou leurs disputes sur la manière de s’adapter, renforcent leur humanité et les rendent profondément crédibles.
Les Déracinés est bien plus qu’un simple roman historique. C’est aussi une belle histoire d’amour entre Almah et Wilhelm. Malgré les épreuves et les moments de doute, leur relation reste au cœur du récit.
Ce qui touche, c’est leur façon de se soutenir, même quand tout semble perdu. Un regard échangé, un geste tendre, ou un simple moment de complicité suffisent à montrer combien ils tiennent l’un à l’autre. Leur amour, parfois fragile mais toujours présent, donne au livre une vraie profondeur et beaucoup d’émotion.
L’auteure parvient à transmettre toute l’ambiguïté de cette nouvelle vie : le soulagement d’être en sécurité mêlé à la douleur de tout ce qui a été laissé derrière.
En bref :
Les Déracinés est une histoire à la fois touchante et inspirante, portée par des personnages auxquels on s’attache dès les premières pages. C’est une lecture qui fait voyager, réfléchir et ressentir.
Si vous aimez les récits de vie et les grandes fresques humaines, ce livre est fait pour vous. Alors, prêt(e) à découvrir le destin d’Almah et Wilhelm ?