Dès les premières pages de Seconde noce, j’ai su que ce livre allait me happer. Et ça n’a pas loupé. Impossible de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire, et pourtant, à chaque chapitre, mes certitudes s’effondraient pour laisser place au doute.
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est à quel point je me suis reconnue dans Stéphanie. En tant que mère d’un jeune enfant, son quotidien, ses inquiétudes, ses réflexes m’ont paru tellement justes. Et puis, il y a ces moments de complicité avec ses jumelles… Je les ai trouvés attendrissants et vrais, et c’est sans doute ce qui rend l’histoire encore plus prenante. Parce qu’on s’attache. Et quand on s’attache, on souffre d’autant plus lorsque le doute s’installe.
Et du doute, il y en a à la pelle ! J’ai soupçonné tout le monde. Vraiment, tout le monde. Shari Lapena est passée maître dans l’art de nous manipuler, de nous faire croire qu’on a compris, pour ensuite nous balancer une révélation qui remet tout en question. Ce huis clos, avec peu de personnages, crée une ambiance pesante, presque étouffante, où chaque regard, chaque mot peuvent être interprétés différemment.
Ajoutez à cela une plume fluide et percutante, sans fioritures inutiles, et vous obtenez un thriller psychologique diablement efficace. Seconde noce n’est pas juste un bon roman à suspense, c’est une lecture qui nous retourne l’esprit et nous rappelle que parfois, on ne connaît pas aussi bien nos proches qu’on ne le pense…